La demande américaine d’utiliser l’aéroport militaire d’U-Tapao pour deux projets suscite le mécontentement de l’opposition et de l’armée en Thaïlande.

Le premier projet, déjà bien avancé, vise à permettre à la Nasa d’utiliser U-Tapao pour des études atmosphériques et climatiques en collaboration avec plusieurs agences gouvernementales thaïlandaises. Plus spécifiquement, l’agence spatiale américaine souhaite étudier l’influence des émissions de gaz sur les nuages, le climat et la qualité de l’air en Asie – un projet baptisé SEAC4RS.

Thani Thongphakdi, le porte-parole du ministère thaïlandais des Affaires étrangères a déclaré au quotidien Bangkok Post que ce programme «bénéficiera au département thaïlandais de météorologie» et permettra de «diminuer les risques de désastres naturels dans la région à long terme». Le second projet, encore en négociation, consisterait à permettre au département américain de la Défense d’installer dans l’aéroport militaire un Centre d’Assistance humanitaire et de secours en cas de désastres.

Le Parti démocrate d’opposition a exprimé de fortes réserves sur le programme SEAC4RS, affirmant que le projet d’accord américano-thaïlandais devait être approuvé préalablement par le Parlement, car il touchait à des questions de souveraineté nationale. Le député démocrate Thaworn Seniam, membre de la Commission parlementaire sur la sécurité nationale, a estimé que ce programme permettrait à la Nasa de collecter des informations sur les zones stratégiques terrestres et maritimes et d’utiliser ces données pour des objectifs militaires et économiques. En revanche, le Parti démocrate considère que l’établissement d’un centre d’assistance humanitaire à U-Tapao ne pose pas de problèmes de sécurité nationale.

Il est vrai que ce second projet avait été initié en 2010 par le gouvernement d’Abhisit Vejjajiva, le leader du Parti démocrate.

Selon le quotidien Bangkok Post, habituellement bien informé sur les questions militaires, le général Prayuth Chan-Ocha, chef de l’armée thaïlandaise, a fait savoir la semaine dernière lors d’une réunion interne qu’il était mécontent de ces deux projets, car ils risquaient de «mettre mal à l’aise certains pays voisins». Une allusion, apparemment, à la Chine qui s’inquiète de plus en plus de la présence militaire américaine plus active dans la région. U-Tapao, situé à 140 km au sud-est de Bangkok, avait été le principal point d’appui de l’aviation américaine  en Asie du sud-est durant la guerre du Vietnam.

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