Le royaume de Thaïlande se décline de différentes façons. Profusion de couleurs, richesses humaines, beauté de ce qui s’y fait et s’y pratique.

Dans l’observation des sociétés humaines, les pauses nécessaires s’élaborent sans mentir par omission mais avec le recours à la suggestion, à l’arrondissement des angles trop aigus, à la mise en valeur de la myriade de petites choses issues de rencontres heureuses. Les ‘beaux livres’ en offrent l’opportunité et c’est le cas de ce portrait de l’ancien royaume de Siam. Il n’est pas fait de quartiers rouges, de violences, de laideur humaine.

Pour autant, il n’occulte pas. «L’agressivité enfouie», écrit à un détour – et avec justesse – Arnaud Dubus, installé depuis plus de deux décennies en Thaïlande, qui la sillonne régulièrement et y partage son quotidien entre la mégapole de Bangkok et le centre rural du royaume,- un ‘pays’ encore profond mais déjà à la frange de la modernité.

Publié dans une collection très exigeante et aux maquettes de grande qualité, cet ouvrage évoque non un pays ou une société qui seraient des sommes, mais un peu le contraire. Tout est imbriqué, les hommes, les ethnies, les croyances…

Le fleuve qui unit, le Chao Phraya, celui qui sépare, le Mékong, la multitude des tons verts des rizières, selon les dates de piquage ou repiquage, les couleurs, celles des jours de la semaine, des toitures très inclinées et richement décorées des pagodes, des orchidées, des guirlandes de fleurs, des tissus. Un univers de nuances, une société peu tactile, attachée aux apparences, avec un fort souci d’une décoration minutieuse.

Le choix des illustrations contribue à établir les liens entre hier et aujourd’hui, entre rites et activités, comme si les uns et les autres exerçaient des fonctions complémentaires. Il n’y a pas de couches superposées en Thaïlande, tous les éléments se mêlent tout en gardant chacun leur part d’originalité. Chaque chose à une place et sa place. Le regard des auteurs laisse l’impression d’un ordonnancement naturel. Il explique aussi pourquoi les Thaïlandais se sentent si bien chez eux, une affaire de confort, de piments, de relations formelles, de manière de vivre.

Thaïlande, Photos de l’agence Gamma-Rapho et Nicolas Cornet, texte d’Arnaud Dubus (Chêne, collection ‘C’est le rêve’)

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