dimanche, mai 26, 2019

Thaïlande : 1200 écoles en grève dans l’extrême sud

Une grève de 48 heures des enseignants a été déclenchée à la suite de l’assassinat de deux d’entre eux par des insurgés islamistes d’origine malaise.

Les enseignants se sont remis en grève à la suite de l’assassinat de deux d’entre eux le 11 décembre. Cette fois, le mouvement affecte 1.200 écoles de l’enseignement public dans trois provinces (Narathiwat, Yala et Pattani) où sévit à nouveau, depuis 2004, une insurrection. Le président de la Confédération des enseignants dans l’extrême sud de la Thaïlande, Boonsom Srithongprai, a annoncé que la grève de 48 heures, les 13 et 14 décembre, intervenait pour permettre aux forces de sécurité, selon le Bangkok Post, d’organiser «la protection des enseignants et de pourchasser les assaillants».

Boonsom a déclaré que les nouvelles mesures de sécurité devraient être en place au plus tard le lundi 17 décembre. Bangkok a annoncé, de son côté, que quatre mille policiers seraient envoyés en renfort à partir d’avril 2013 dans cette région où la reprise des troubles a fait en l’espace de neuf ans plus de 5000 victimes, dans leur grande majorité civiles. Sermsak Pongpanich, vice-ministre de l’éducation, a déclaré au Nation que des enseignants bouddhistes «en grand nombre» ont demandé leur transfert hors de la région. Leur moral serait au plus bas car 80% des 157 enseignants assassinés depuis 2004 seraient de confession bouddhiste.

La première ministre Yingluck Shinawatra était attendue le 13 décembre à Pattani, puis à Yala, où elle doit inaugurer un pont sur un barrage. La population des trois provinces est en majorité d’origine malaise et de confession musulmane. Depuis 2004, les gouvernements de Bangkok ont renvoyé à plusieurs reprises des renforts militaires et policiers. Dans son dernier rapport sur le conflit, diffusé le 11 décembre, l’ICG (International Crisis Group, Bruxelles), a estimé que Bangkok doit amorcer la démilitarisation du secteur, «abroger les lois draconiennes concernant la sécurité et mettre un terme à l’impunité des forces de sécurité ». L’ICG estime également nécessaire «une décentralisation du pouvoir politique».

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