Rohingyas : Aung San Suu Kyi nie toute "intention génocidaire" devant la Cour internationale de justice

Sa prise de parole était attendue. L’ancienne icône de la démocratie Aung San Suu Kyi a défendu, mercredi 11 décembre, devant la Cour internationale de justice (CIJ), la politique de la Birmanie vis-à-vis de la minorité musulmane rohingya. Le pays est accusé de génocide par plusieurs pays musulmans.

La cheffe de facto du gouvernement birman a admis devant les juges de la Cour que l’armée avait peut-être utilisé une « force disproportionnée », mais cela ne prouve pas qu’elle avait eu l’intention d’exterminer le peuple rohingya, a-t-elle estimé. « Certainement dans les circonstances, l’intention génocidaire ne peut pas être la seule hypothèse », a affirmé la dirigeante birmane.

Un « tableau trompeur et incomplet »

La dirigeante s’en est ensuite pris au pays chargé de mener l’accusation : la Gambie. « Malheureusement, la Gambie a présenté à la Cour un tableau trompeur et incomplet de la situation », a-t-elle affirmé.

Depuis août 2017, quelque 740 000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de « génocide » par des enquêteurs de l’ONU.

Encore citée aux côtés de grand noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, Aung San Suu Kyi, âgée de 74 ans, a vu son image ternie depuis qu’elle a pris la défense des généraux de l’armée birmane. Elle peut cependant se targuer d’un large soutien dans son pays.

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