L’Asie, premier importateur d’armes

Non seulement l’Asie est devenue le premier acheteur d’armements mais la production d’armes, notamment par la Chine, s’y développe rapidement.

Non seulement l’Asie est devenue le premier acheteur d’armements mais la production d’armes, notamment par la Chine, s’y développe rapidement.

Le continent asiatique est devenu le premier importateur d’armes. Telle est la constatation du SIPRI (Stockholm International Research Institute, qui fait autorité en la matière) dans son dernier rapport, diffusé le 19 mars. Pendant la période 2007-2011, «la région Asie et Océanie a représenté 44% des importations mondiales d’armes, suivie par l’Europe (19%), le Moyen-Orient (17%), les Amériques (11%) et l’Afrique (9%).»

Le rapport poursuit : «L’Inde est le plus grand importateur d’armes au monde », avec 10% du total, et les « quatre autres principaux importateurs pendant la période 2007-2011 ont été la Corée du Sud (6%), le Pakistan (5%), la Chine (5%) et, ce qui constitue une surprise,  Singapour (4%). Par rapport à la période précédente (2002-2006), «le volume des transferts d’armes à travers le monde a été plus élevé de 24%», note le dernier rapport du Sipri.

Ces statistiques, toutefois, ne lèvent qu’à moitié le voile sur les changements en cours. Selon Pieter Wezeman, expert du Sipri, «les principaux pays asiatiques importateurs d’armes cherchent à développer leurs propres industries d’armement et à réduire leur dépendance vis-à-vis des sources extérieurs d’approvisionnement.»  C’est notamment le cas de la Chine, dont la montée en puissance sur le plan militaire suscite de sérieuses inquiétudes en Asie du Sud-Est.

Pékin se classe au sixième rang des exportateurs d’armes derrière, dans l’ordre, les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne. «L’augmentation des exportations d’armements de la Chine est principalement liée aux importations croissantes d’armes chinoises par le Pakistan», affirme Paul Holtom, directeur du programme de recherche du Sipri sur les transferts d’armes.

Jean-Claude Pomonti