Les graves difficultés de la zone euro contribuent à reporter l’idée d’une monnaie unique dans la zone Asean. Et à la reporter pour un bon bout de temps.

L’intégration économique et le marché unique en 2015, soit dans moins de trois ans, sont les objectifs des dix Etats membres de l’Asean (Brunei, Birmanie/Myanmar, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam).

Mais d’union monétaire, il n’est pas question et les déboires de la zone euro y sont pour beaucoup. La zone euro peut servir de «guide», mais de ce qu’il ne faut pas faire, estime-même Changyong Rhee, l’économiste en chef de la Banque asiatique de développement (BAD), basée à Manille.

Les pays de l’Asean devraient, en priorité, s’occuper du renforcement des liens entre leurs économies, de la règlementation des commerces frontaliers de biens et de services, afin de faciliter les investissements et l’emploi intra-Asean.

Voilà ce que leur a conseillé Rhee début mai, selon le Philippine Daily Inquirer. «Attendons de voir comment les Européens résolvent leurs problèmes et, alors seulement, voyons s’il serait prudent d’avoir une monnaie unique», a-t-il ajouté.

Ces propos font apparemment l’unanimité. Après avoir venté les «valeurs asiatiques», l’Asie du sud-est avait été impressionnée, au tournant du siècle, par la marche de l’Europe. Ce n’est plus le cas. Ils réalisent que, chez eux, disparités et inégalités sont trop importantes pour envisager une monnaie unique. Le sujet ne fait plus l’objet d’un débat.

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