Le Vietnam manque encore cruellement de moyens pour protéger les trésors contenus dans les nombreuses épaves éparpillées au fond de ses eaux.

Le Vietnam est un pays qui compte plus de deux mille km de côtés situées sur la «route maritime de la soie» et que des embarcations fréquentent depuis deux mille ans. Au large de ses côtes se trouvent probablement «des milliers d’épaves» qui pourraient être remplies d’«objets fascinants et significatifs sur le plan archéologique», écrivait en novembre Mark Staniforht sur le site australien d’analyse et d’enquête The Conversation. Le plus souvent, l’Etat n’a pas les moyens de repérer ces épaves ni ceux de financer des recherches en recourant à des équipes de professionnels.

Faute de budget, les quelques recherches effectuées l’ont été avec l’aide «de chasseurs de trésors». Résultat, selon Staniforht : «des milliers d’objets en céramique récupérés sur des épaves aux environs de Vung Tau, Ca Mau, Binh Thuan et Hoi Ân ont été vendus aux enchères». L’inconvénient : «au lieu d’être considérés comme une part de l’héritage culturel de la nation qui appartient aux musées ou collections de l’Etat», ces précieux objets «sont traités en fonction de leur valeur financière». Quand des pêcheurs découvrent une épave, ils s’empressent donc de la fouiller, de la dévaliser et de tenter d’écouler la marchandise, le tout plus discrètement possible.

Staniforht cite le cas d’une épave découverte récemment au large de la province Quang Ngai, dans le centre du pays. Pham Quôc Quan, ancien directeur du Musée national d’histoire, a confirmé que cette épave datait du XIV°. Elle contenait des céramiques chinoises ainsi que des pièces de monnaie datant des XII° et 13° siècles. Mais des experts n’ont pas pu procéder  à l’inventaire du navire, faute de plongeurs spécialisés et d’équipement. Dans l’intervalle, les pêcheurs pauvres du coin tentent d’extraire quelques objets de l’épave.

Récemment, les autorités ont commence à prendre leurs distances à l’égard des chasseurs de trésors. Mais la formation de spécialistes de l’héritage culturel sous-marin a pris du retard.  Le professeur Tuong Trung Tin, directeur de l’Institut d’archéologie du Vietnam a encore récemment exprimé ses inquiétudes concernant le manque de fonds, de ressources humaines et d’équipement. Un projet a néanmoins été lancé en novembre 2012 dans l’objectif de renforcer une prise de conscience de l’importance de l’héritage culturel sous-marin à tous les niveaux, local, provincial, national. Ce projet, mené par le groupe de recherche Bach Dang, en association avec l’excellent Institue d’archéologie de Hanoï et plusieurs institutions australiennes (http://commonsites.akvoapp.org/fr/project/613/ ).

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