Alors que plusieurs pays, dont la France, veulent interdire les réseaux sociaux aux mineurs, une étude, publiée jeudi par le « British Medical Journal », montre que la mesure est largement contournée en Australie. De quoi relativiser son efficacité.
En France, Emmanuel Macron entend interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la future loi est en cours d’examen au Parlement. La Grande-Bretagne et le Canada ont annoncé également vouloir faire de même. Mais une étude publiée jeudi 25 juin dans la revue British Medical Journal (lien en anglais) tempère l’enthousiasme de nos gouvernements. L’Australie a déjà mis en place cette interdiction et l’expérience est loin d’être concluante.
Depuis décembre 2025, les Australiens de moins de 16 ans n’ont plus accès à TikTok, Instagram ou encore Snapchat… enfin sur le papier. En réalité, ils contournent largement cette interdiction. Quelque 85% des centaines d’adolescents interrogés par les chercheurs continuent de les utiliser. Certains racontent avoir créé de nouveaux comptes, tandis que la majorité utilise toujours son propre compte.
Des contrôles d’âge encore largement inefficaces
Pour vérifier l’âge, la plupart des plateformes demandent uniquement de déclarer que l’on a plus de 16 ans, voire exigent un selfie de l’adolescent, mais peinent visiblement à lui donner le bon âge. L’effet recherché n’est donc pas là, le gouvernement australien l’a lui-même reconnu il y a deux mois.
Difficile de faire passer une interdiction à laquelle les adolescents n’adhèrent pas, explique le British Medical Journal, ajoutant qu’on ne peut pas faire non plus confiance aux géants des réseaux sociaux. Les plateformes avaient pourtant un an pour mettre en place des mesures de vérification de l’âge. La revue conclut que cela donne de quoi réfléchir aux pays qui envisagent eux aussi d’interdire les réseaux sociaux à leurs adolescents.
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