Cette année le nouvel an chinois a débuté le 8 février 2016. Il est généralement célébré en Chine, ainsi que dans les pays d’Asie orientale, mais aussi par les communautés chinoises ayant immigré dans le reste du monde.

Certaines des coutumes encore célébrées aujourd’hui lors du nouvel an chinois trouve leur origine dans des légendes d’antiques rituels chinois voués aux divinités. Le nouvel an lui-même est issu d’une légende, celle de la bête Nian mangeuse d’hommes.

L’effrayante bête Nian

On raconte que Nian n’apparaissait qu’une fois par an, pour faire un festin d’êtres humain et qu’elle était particulièrement friande de petits enfants. Pour s’en protéger, les villageois étaient obligés de déposer de la nourriture devant leur porte, en espérant que cela puisse contenter l’appétit de la bête féroce.

Finalement, les habitants ont été délivrés de ce fléau grâce à une divinité qui leur a révélé le point faible de la bête Nian. Celle-ci étant effrayée par la couleur rouge, les villageois ont disposé du papier rouge partout sur leurs maisons, ils se paraient d’habits rouges, accrochaient des lanternes de papier rouge et ont confectionné des pétards. Le jour du nouvel an, comme à son habitude Nian est réapparue, mais cette fois-ci elle a été repoussée par le village qui était entièrement recouvert de rouge et par les explosions des pétards.

La bête Nian a été pourchassée et capturée par un maître taoïste qui l’a transformée pour en faire sa monture. Le mot « nian » n’est rien d’autre que le terme chinois pour désigner « l’année ». Son idéogramme 年 est très proche de 牛 qui signifie « vache ».

Voilà pourquoi, encore aujourd’hui, la couleur rouge est si présente dans les décorations, les lanternes et même les pétards confectionnés pour le nouvel an chinois.

Le roi du Fourneau rendra son rapport au Ciel

Connu également sous le nom de dieu de la Cuisine ou dieu du Fourneau, ce roi est l’un des plus représentés dans les traditions du nouvel an chinois. Chaque famille possède un autel avec l’effigie de cette divinité, dont le rôle est de surveiller et enregistrer les agissements de la famille durant toute l’année, avant de monter au Ciel pour rendre son rapport.

Pour voir la montée du roi du Fourneau vers le Ciel, son effigie est brûlée la veille du nouvel an. Certaines familles allument des pétards pour accompagner son voyage. Des douceurs culinaires sont préparées, symbolisant l’espoir des familles que le roi du Fourneau ne rapportera que des bonnes choses sur elles au royaume céleste de l’empereur de Jade.

La genèse de l’empereur de Jade

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Représentation de l’empereur de Jade, datant de la dynastie Ming. (Domaine public)

L’empereur de Jade lui-même est une variante d’une antique divinité, maîtrisant le tonnerre. Cette divinité, Shang Di, est la plus vénérée du panthéon taoïste. On raconte que le neuvième jour des festivités du nouvel an, la myriade de divinités du ciel et de la terre laissent leur tâche de côté, pour célébrer la naissance de l’empereur de Jade.

Depuis, on allume des pétards à minuit tandis que des cérémonies solennelles sont tenues dans les temples taoïstes. Les familles offrent un coq en sacrifice à l’empereur de Jade. Chacun prêtait attention à bien se laver tandis que sortir les ordures ou suspendre des vêtements humides étaient interdits, ces gestes étant de mauvaise augure ce jour-là.

Le jour de l’humanité

Une croyance veut que la déesse Nü Wa ait créé les êtres humains le septième jour du nouvel an. Symboliquement, au septième jour des festivités du nouvel an est célébré « renri » ou « la journée de l’humanité ». Cette fête représente « l’anniversaire » de tous les humains. Son origine remonte à la dynastie Han.

La divinité Nü Wa, en train de créer l'humanité. (Epoch Times)
La divinité Nü Wa, en train de créer l’humanité. (Epoch Times)

Le jour de renri, on fête également la « naissance du feu », en allumant des pétards, en dédiant des poèmes et en mangeant comme plat végétarien « la soupe de sept légumes ». Cela est accompli en l’honneur des six animaux que la déesse Nü Wa a créé avant l’humanité : la poule, le chien, le sanglier, le mouton, la vache et le cheval. Au Japon aussi, la soupe de sept légumes est traditionnellement consommée le jour de renri, ou jinjitsu (en japonais).

La parure est un autre aspect du renri, en particulier le « rensheng » ou coiffure du « triomphe de l’homme ». Sous la dynastie Tang, l’empereur attribuait d’exquises parures à ses sujets.

Maitreya, le bouddha de l’avenir

Maitreya est un être éveillé associé à de nombreuses croyances et prophéties bouddhistes. Selon les enseignements (ou dharma) du bouddha et fondateur du bouddhisme connu sous le nom de Śākyamuni (ou Siddhārtha Gautama), Maitreya réapparaîtra à la dernière étape de l’histoire de l’humanité, pour donner le salut à tous les êtres vivants.

Maitreya, le bouddha salvateur. (Domaine public)
Maitreya, le bouddha salvateur. (Domaine public)

Largement vénéré en Asie orientale, Maitreya est honoré le jour du nouvel an, que l’on considère comme son anniversaire. En Chine, Maitreya a été la première divinité bouddhiste a avoir été célébrée à large échelle. Jusqu’à ce jour, il est considéré comme étant le dernier bouddha qui se manifestera aux hommes pour leur enseigner le véritable dharma bouddhiste.

Toutefois, il est dit dans les écritures bouddhistes que Maitreya commencera à enseigner aux derniers moments de l’humanité, c’est-à-dire à une période où les gens seront incapables de comprendre ni d’obtenir quoi que ce soit des croyances traditionnelles. À la fois dissimulé et à la vue de tous, seuls ceux dont l’esprit s’accordera au sien le reconnaîtront.

En Chine comme au Japon, on reconnaît le « moine rieur » ou Budai comme étant l’une des dernières incarnations de Maitreya. Ce personnage est connu pour avoir déclaré :

« Maitreya, le véritable Maitreya
a des milliards d’incarnations.
Il se manifeste constamment aux gens de son époque,
même à ceux qui ne le reconnaissent pas ! »

Version anglaise : Gods of the Chinese New Year

 

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