Des milliers d’ouvriers ont défilé, le 22 novembre, dans les grandes villes de l’archipel pour réclamer un allègement de leurs contributions à la sécurité sociale.

La Cour constitutionnelle a récemment statué que les programmes de sécurité sociale font partie des droits des travailleurs et sont, en conséquence, à la charge des employeurs. Ces dispositions, rapporte le Jakarta Post, sont donc jugées conformes à la Constitution en vigueur et les syndicats ouvriers estiment qu’une loi de 2004 sur le système de sécurité sociale doit être amendée. Ils réclament également l’abandon d’un projet de réglementation qui stipule que les contributions à un programme national de santé sont respectivement de 2% du salaire mensuel pour les travailleurs et de 3% pour les employeurs.

Ils ont donc défilé le 22 novembre dans les grandes villes d’Indonésie pour demander au président Susilo Bambang Yudhoyono, de signer un décret (perpu) remplaçant provisoirement la loi de 2004. A Jakarta, plusieurs milliers d’entre eux se sont rendus dans l’ordre devant le palais présidentiel. Aucun incident sérieux n’a été rapporté. Nang Setyono, l’un des coordinateurs des manifestations, a déclaré au Jakarta Post : «Nous avons le sentiment d’avoir été trompés car la loi ne tient pas compte des promesses de la Chambre des Représentants, elle ne nous accorde pas une assurance médicale gratuite».

Bambang Purwoko, expert des questions de sécurité sociale à l’université Pancasila, a estimé que les travailleurs n’ont pas à contribuer aux programmes de sécurité sociale. «Cependant, en ce qui concerne l’assurance sociale, ils doivent verser un premium afin d’accéder aux meilleurs bénéfices», a-t-il ajouté. Les dirigeants des syndicats ont annoncé qu’ils appelleraient à de nouvelles grèves ponctuelles s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

L’Indonésie connaît une période de forte expansion économique (un taux de 6,5% en 2012) et le salaire minimum y est encore inférieur de moitié à celui de la Chine. Un relèvement de 44% de ce salaire interviendra en janvier 2013 à Jakarta, a annoncé le nouveau gouverneur élu de la capitale. Les milieux d’affaires ont aussitôt fait savoir que les 18.000 petites et moyennes entreprises de la capitale éprouveraient du mal à faire face à ces coûts supplémentaires.

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