L’Inde devrait tirer parti des ALE pour stimuler les flux d’IDE

En 2021 et 2022, l’Inde a signé trois accords de libre-échange (ALE) avec Maurice, les Émirats arabes unis et l’Australie. Les négociations d’ALE entre l’Inde et l’Union européenne et le Royaume-Uni sont également à un stade avancé.

Ces ALE revêtent une importance considérable pour l’économie indienne, car le pays aspire à devenir un leader dans l’écosystème commercial mondial en atteignant un objectif d’exportation de 2 000 milliards de dollars américains d’ici 2030.

Les partenaires de l’ALE devraient aider l’Inde à accroître ses exportations en offrant un accès préférentiel et plus facile au marché pour les biens et services indiens. L’Inde devrait utiliser les ALE non seulement comme un outil pour accroître les échanges commerciaux, mais aussi comme un moyen d’inciter les flux d’investissements directs étrangers (IDE).

Les ALE fonctionnent bien avec les flux d’IDE lorsque les économies concernées ont des dotations relatives contrastées et se trouvent à des stades de développement distincts. À l’inverse, les ALE et les investissements peuvent entrer en conflit lorsque les pays partenaires partagent des dotations similaires et se disputent les mêmes IDE. Le développement économique et la richesse de l’Inde contrastent fortement avec ceux de tous ses partenaires de libre-échange, en particulier ceux qui ont signé des accords entre 2021 et 2024.

Après avoir atteint un volume important d’entrées d’IDE, l’Inde a connu une baisse constante au cours du second semestre 2023. En 2022-2023, les entrées d’IDE en Inde sont tombées à 71,3 milliards de dollars américains, contre 84,8 milliards de dollars américains en 2021-2022. La baisse s’est poursuivie jusqu’au deuxième trimestre de l’exercice 2023-2024. Le classement de l’Inde est passé du septième rang en 2022 au huitième rang dans le rapport sur l’investissement mondial de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement de 2023. L’Inde doit adopter des mesures qui peuvent l’aider à maintenir une tendance croissante aux flux d’IDE.

Les partenaires de libre-échange proposés par l’Inde, tels que l’Union européenne et le Royaume-Uni, sont d’importantes sources d’investissements étrangers. Les Émirats arabes unis et l’Australie sont également considérés comme des investisseurs influents à l’échelle mondiale. L’Inde devrait tirer parti de ses ALE pour garantir des flux d’IDE plus élevés.

L’Inde vise à devenir un centre manufacturier et a pris diverses mesures pour augmenter sa production. Mais il s’est vite rendu compte que les entreprises nationales auraient du mal à atteindre seules l’objectif d’augmentation de la production et a invité les acteurs étrangers à investir en Inde. L’Inde peut tirer parti de ses liens économiques étroits avec ses partenaires de l’ALE et les inciter à investir – offrant potentiellement des incitations spéciales aux investisseurs des pays partenaires de l’ALE.

Le pays pourrait également capitaliser sur la popularité croissante de la stratégie Chine Plus Un pour séduire les investisseurs à la recherche de destinations alternatives pour installer leurs usines de fabrication. L’Inde devrait saisir cette opportunité en renforçant ses capacités et en élargissant ses chaînes d’approvisionnement pour devenir une alternative fiable à la Chine dans le commerce mondial.

Un ALE constitue une excellente plateforme à cet effet. Si l’Inde peut proposer un accord séduisant, de nombreuses entreprises européennes et britanniques ayant des bases de production en Chine pourraient considérer l’Inde comme une option plus lucrative une fois les ALE finalisés.

L’Inde dépend fortement de la Chine pour bon nombre de ses importations, allant des bougies aux produits de télécommunication et électroniques. Le déficit commercial de l’Inde avec la Chine reste alarmant et stable. En 2022-2023, le déficit commercial de l’Inde avec la Chine est passé de 191 milliards de dollars en 2021-2022 à 263 dollars américains. Il est urgent de diversifier les sources d’importation de l’Inde, en particulier pour les biens essentiels. Les partenaires de l’ALE peuvent jouer un rôle crucial en aidant l’Inde à réduire sa dépendance à l’égard des importations de la Chine en offrant une source résiliente d’approvisionnement en marchandises.

Malgré les efforts de l’Inde, sa participation aux chaînes de valeur mondiales reste limitée, avec une part des exportations mondiales de marchandises inférieure à 2 pour cent. La participation de l’Inde aux chaînes de valeur mondiales se concentre dans quelques secteurs, tels que l’automobile, les produits pharmaceutiques et la téléphonie mobile. Une participation accrue aux chaînes de valeur mondiales peut conduire à une croissance économique, à une productivité plus élevée, à la création d’emplois et à une amélioration du niveau de vie.

La stratégie de l’Inde en matière d’ALE doit évoluer pour reconnaître que les ALE sont des outils essentiels pour s’intégrer dans les chaînes de valeur mondiales et attirer les investissements. Pour y parvenir, les ALE de l’Inde doivent être repensés afin de parvenir à une intégration économique plus profonde et d’élargir la portée de la libéralisation des échanges. Cela nécessitera une sélection minutieuse des économies partenaires qui s’alignent sur les objectifs stratégiques et les priorités économiques de l’Inde.

L’économie souffre depuis longtemps du phénomène de « croissance sans emploi », dans lequel une population active croissante peine à trouver un emploi alors même que le PIB continue d’augmenter. Le taux de chômage n’a cessé d’augmenter au cours des deux dernières décennies, passant de 2 pour cent en 2010 à 6,1 pour cent en 2018. Garantir les investissements, en particulier dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, aiderait l’Inde à réduire le chômage. L’Inde peut également garantir un meilleur accès à ses exportations de services sur le marché du partenaire de l’ALE.

Même si l’Inde a fait des progrès significatifs en occupant la 40ème position…

Source : East Asia Forum

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